La justice brésilienne autorise de nouveau l’application Telegram

La Cour Suprême Brésilienne a annoncé dimanche dernier la révocation de l’ordre de suspension de l’application de messagerie cryptée Telegram sur son territoire, après l’engagement de l’entreprise de bloquer les comptes qui «relaieraient de fausses informations», selon un communiqué paru sur le site de la haute juridiction.

Celle-ci avait procédé à la suspension de l’application une semaine auparavant, alléguant le fait que Telegram aurait refusé à plusieurs reprises de se soumettre à des décisions de justice visant à geler des comptes diffusant des fake news, ou lui demandant de se conformer aux lois actuelles en vigueur dans le pays.

Le fondateur de Telegram, Pavel Durov, a réagi à la nouvelle, s’excusant de la «négligence» dont a fait preuve son entreprise pour mettre en œuvre ces décisions de justice.

«L’irrespect de Telegram envers les lois brésiliennes ainsi que ses manquements répétés quant à l’application de nombreuses décisions de justice…est complètement incompatible avec le respect du droit, », s’est ainsi exprimé l’un des juges de la Cour Suprême Alexandre de Moraes pour justifier la décision de la juridiction en charge du dossier.

Cette affaire survient surtout dans un contexte de tension politique sur place, où l’application Telegram servirait de canal de communication public pour le président actuel du pays Jair Bolsonaro, à quelques mois des élections visant à élire le prochain président brésilien.

Telegram constitue un relais de choix pour les supporters du président brésilien, et est utilisé comme un outil de propagande et de communication pour le leader et les cadres de son parti. La justice brésilienne a ainsi ordonné la suspension du compte d’Allan dos Santos, activiste et fervent supporter de Bolsonaro.

Telegram servirait ainsi de rampe de lancement idéale sur internet pour le président sortant, lui permettant de rassembler son électorat populaire, mais surtout de contrôler les critiques (notamment sur sa gestion de la crise de Covid-19), lui permettant ainsi d’étouffer toute velléité d’opposition sur le web.

Telegram n’est pas le premier à se trouver dans le viseur de la justice brésilienne; les groupes Meta, Google ou Twitter ont également déjà été condamnés par la Cour Suprême brésilienne pour avoir relayé des fausses informations mais se sont tous conformés aux décisions de justice imposées par la juridiction.

Le président Bolsonaro avait commenté l’annonce de la décision de suspension des comptes de ses supporters en la qualifiant alors d’«inadmissible».

Le président compte plus de 1 million de followers sur Telegram.

Source : Reuters

Crédit photo : Reuters

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